ICCARRE, nouveau protocole de traitement dans le VIH

© Shutterstock
© Shutterstock
Depuis la découverte du premier antirétroviral, les patients infectés par le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) ont évolués. Avec l’avancée de la recherche et la commercialisation de nouveaux traitements, la population a viellit et le Syndrome de l’Immunodéficience Humaine (SIDA) est devenue une pathologie chronique. La qualité de vie du patient est devenu un des nouveaux enjeux dans le management de la pathologie. Dû aux effets indésirables provoqués par les thérapies, certains patients ne les supportant plus, arrêtaient de prendre leurs comprimés, d’autant plus qu’ils ne se sentaient pas malades.

ICCARRE

Le nouveau protocole thérapeutique ICCARRE (Intermittent en Cycle Court les Anti-Retroviraux Restent Efficaces) a pour objectif d’alléger le traitement et d’améliorer le confort du patient. Il est basé sur la diminution de la posologie des antirétroviraux, pour ainsi restreindre la toxicité à long terme des molécules.
Un essai clinique réalisé par l’INSERM en partenariat avec l’hôpital Raymon Poincaré de Garches et l’hôpital Bichat, est en cours actuellement. Il évaluera la capacité à maintenir le succès virologique d’une stratégie de prise de traitement antirétroviral 4 jours consécutifs sur 7 en relais d’une stratégie à 7 jours sur 7 chez des patients infectés par le VIH-1. Pour pouvoir bénéficier de ce protocole, le patient doit être stabilisé et avoir, entre autre, une charge virale indétectable depuis plus de douze mois, un taux de lymphocytes CD4 suffisant et avoir réalisé un génotypage du virus avec un résultat sensible pour toutes les molécules. Cette étude suivra l’évolution de la fonction rénale, de la fonction hépatique, et du métabolisme glucido-lipidique, ainsi que des critères de la qualité de vie et d’observance via des questionnaires, un carnet d’auto-surveillance, des dosages plasmatiques …

Impact économique

Actuellement en France, 100 000 personnes sont sous trithérapie. Imaginons un patient sous ce protocole qui prend seulement quatre prises par semaine, soit 208 prises par an au lieu de 365. Au bout de 25 ans de traitement, il aura eu l’équivalent de 10 ans de traitement en moins. On arrive donc chez un patient bien équilibré a une réduction importante de la consommation de médicaments.
Si l’étude prouve l’efficacité du protocole ICCARRE, le traitement pourrait devenir un standard et aura un impact sur l’enveloppe de la Sécurité Sociale destinée à cette pathologie. L’économie est estimé à environ un milliard d’euros sur trois ans.

 

En conclusion, l’allégement du traitement anti-VIH a non seulement un impact économique par la diminution de la prise en charge des effets indésirables survenues et des coûts de la trithérapie, mais également psychologique sur les patients.

 

PAR : CAMILLE BEHIER

 

 

 

 

Sources :

  • Association Iccarre – http://www.association-iccarre.org
  • Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales : essais thérapeutiques VIH (avril 2014) – ANRS 162 4D