Mise en place du Dossier Pharmaceutique (DP) : Etat des lieux :

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La mise en place d’un dossier pharmaceutique pour assurer un suivi de la prise en charge du patient est une idée qui a motivé de nombreux gouvernements.
En 2004, le ministère de la santé avait tenté de mettre en place un DMP (Dossier Médical Personnel). Mais cette mesure était trop ambitieuse, malgré l’opinion favorable des français pour cette initiative, actuellement le DMP compte seulement 400 000 dossiers de patients en 10 ans d’existence.
En 2007, une nouvelle version du DMP a été créée, le Dossier Pharmaceutique (DP). C’est un dossier informatisé qui est ouvert à chaque assuré social. L’objectif est de favoriser es pharmaciens d’officine puissent avoir accès à l’historique des médicaments délivrés à un patient au cours des 4 derniers mois.

 

Concept du DP et objectifs :

 

Pour le patient, ouvrir un DP est très simple. Il lui suffit de se rendre dans une pharmacie d’officine. Grâce à sa carte vitale, le pharmacien peut enregistrer le patient. C’est simple et gratuit pour le patient.

Le pharmacien explique au patient l’objectif du DP et lui propose de lui en ouvrir un. Le choix du DP est facultatif et une fois accepter le patient peut demander dans n’importe quelle officine la fermeture de son DP.

Un fois qu’il est ouvert, le pharmacien a accès aux médicaments qui ont été délivré au patient sur les 4 derniers mois.

Par soucis de confidentialité avec la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés), le pharmacien ne peut pas connaître les noms des prescripteurs, ni les autres pharmacies ou le patient est allé chercher ses médicaments.

Isabelle Adenot la présidente de l’Ordre National des Pharmaciens déclare que « Le Dossier Pharmaceutique (DP) est un outil professionnel qui est devenu essentiel et incontournable parce qu’il répond aux grands enjeux sanitaires actuels : le bon usage du médicament, la coordination entre professionnels de santé, le décloisonnement ville-hôpital, les gestions de crises sanitaires, les ruptures d’approvisionnement. Il témoigne de la volonté des pharmaciens de contribuer concrètement à résoudre des problèmes de santé publique. »

Le logiciel permet de détecter les interactions médicamenteuses et les incompatibilités entre les produits délivrés au patient et les avertir mais il permet également d’assurer une meilleure coordination des soins et de la prise en charge thérapeutique entre les structures de ville et les structures hospitalières.

 

Dates clefs du DP :

 

Le DP est né dans le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale de 2007.

Il a été développé par le CNOP (Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens) et il est lancé début 2007 dans des régions pilotes. Après que la CNIL ait donné son accord, le DP a été étendu dans toutes les régions françaises.

En 2010, la CNIL autorise à titre expérimental le DP dans les pharmacies hospitalières (Pharmacie à Usage Interne) dans certaines régions pilotes. L’objectif de cette mesure est d’améliorer la coordination entre la ville (officine) et l’hôpital. (cliniques, CHU, …)

En 2012, l’utilisation du dossier Pharmaceutique est étendu à toutes les PUI de France et les pharmaciens hospitaliers peuvent s’en servir comme les pharmaciens d’officine.

En 2013, le ministre de la santé Marisol Touraine a envisagé d’élargir la diffusion du DP aux médecins. Pour cela, une expérimentation de l’utilisation du DP par les médecins urgentistes, les anesthésistes et les gériatres a lieu en ce moment.

En parallèle, en 2013, une nouvelle branche du DP a été ouverte, il s’agit de la branche DP-Rupture, elle est utile pour signaler les manques d’approvisionnement et les ruptures de stocks au niveau des grossistes.

 

Actuellement, l’objectif du DP est d’assurer un suivi du patient tout au long de la prise en charge thérapeutique de sa maladie. En 7 ans, une très large majorité des officines ont adopté le DP en France.

 

PAR ANNE BLANCHARD