Les ruptures de médicaments

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En 2013, 200 dossiers de ruptures ont été répertoriés à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). C’est cinq fois plus que cinq ans auparavant.

 

A quoi sont dues ces ruptures de médicaments, et quelles sont les actions des laboratoires pharmaceutiques pour y remédier ?

 

Il existe deux types de ruptures :

  • Rupture de stock qui est une rupture de disponibilité des médicaments chez le fabricant.
  • Rupture dans la chaine d’approvisionnement (rupture d’approvisionnement), ce qui est défini par l’incapacité pour une pharmacie d’officine ou une pharmacie à usage intérieur d’un établissement (de santé ou médico-social) à dispenser un médicament à un patient dans un délai de 72 heures.

Dans ces deux situations, la conséquence est la même : le médicament ne peut être délivré au patient.

 

Les origines des ruptures de stock sont multiples, mais elles sont principalement dues à deux causes : tout d’abord l’augmentation de la demande mondiale en produits pharmaceutiques, notamment dans les pays émergents ; mais aussi à l’externalisation de la production des matières premières. En effet, 60 à 80% des matières première seraient produites hors de l’Union Européenne. Cette matière première peut être difficile à trouver pour différentes raison : production défaillante, qualité non conforme aux exigences européennes, ou augmentation du nombre de commandes prévues.

 

En ce qui concerne les ruptures d’approvisionnement leur origine est la défaillance d’un ou plusieurs maillons de la chaine de distribution : fabricant, dépositaire, grossistes répartiteur, central d’achat …

 

Certaines pratiques peuvent entrainer une rupture d’approvisionnement, notamment  la limitation des stocks par les acteurs de distributions dans l’objectif de gagner en efficience par gestion à flux tendu. Mais encore la création de réserves de précaution à l’annonce d’une future pénurie, ou à l’annonce de l’augmentation du prix d’un produit. Enfin la distribution vers des destinations dont le prix est plus avantageux. En Europe cette dernière pratique est assez courante car il existe d’importantes disparités de prix entre les pays de l’union européenne.

 

Les classes thérapeutiques les plus touchées par ces deux types de ruptures sont les traitements hormonaux, les anti-infectieux, les anticancéreux, et les médicaments traitant les maladies du système nerveux central.

 

Plusieurs dispositions réglementaires sont prévues en cas de ruptures : la mise en place d’un centre d’appel d’urgence pour les pharmaciens d’officine, les pharmaciens hospitaliers et les grossistes répartiteurs,  et l’obligation d’informer l’ANSM et de dépannage d’urgence. Du coté des laboratoires, les ruptures de stocks doivent être évitées au maximum car elles sont très couteuses ; des équipes se mobilisent pour trouver des solutions de dépannages compliquées.

 

Pour faire face à ces ruptures, les laboratoires pharmaceutiques recommandent de ne pas attendre le dernier jour pour se réapprovisionner et organisent des dépannages d’urgence.

En interne, ils se tiennent informé quotidiennement de l’état de leur stock afin d’être plus réactifs et mettent en place des centres d’appel d’urgence pour les patients et les professionnels de santé, dans le but de communiquer avec l’ensemble de ces parties prenantes.

 

Selon les pharmaciens hospitaliers et officinaux, ainsi que les médecins, il est primordial  que les agences de santé et les laboratoires soient transparents sur ces ruptures éventuelles afin que le personnel soignant puisse anticiper leurs conséquences. Ces acteurs de santé ont notamment besoin de connaître les causes, la durée, et les alternatives d’approvisionnement des médicaments. L’objectif étant toujours d’assurer une prise en charge optimale des patients.

 

Repartition en pourcentage de ruptures de médicaments

Repartition en pourcentage de ruptures de médicaments

 

Sources :