Professionnels de santé : vers plus de coordination ?

© Shutterstock
© Shutterstock

Dans le domaine de la santé, la France fait face à plusieurs  problématiques, notamment la hausse des maladies chroniques, le vieillissement de la population avec une perte de l’autonomie des patients, évolution de la démographie médicale etc. Afin d’y faire face, deux leviers d’action ont été identifiés par le centre d’analyse stratégique du gouvernement Français :

  • La Télésanté, ou production de soins à distance,
  • La coopération entre professionnels de santé.

 

La loi HPST (Hôpital Patient Santé Territoire) de 2009 permet à titre dérogatoire et à l’initiative des professionnels sur le terrain, le transfert d’actes ou d’activité de soins et la réorganisation de modes d’intervention auprès des patients. Ces initiatives locales prennent la forme d’un protocole de coopération qui est transmis à l’ARS (Agence Régional de Santé). La HAS (Haute Autorité de santé) donne un avis sur les protocoles avant que les ARS ne donnent leurs autorisations, l’objectif étant d’améliorer la prise en charge des patients.

 

Pour que la coopération soit optimale, il est important d’identifier le parcours de soin des patients. Ce parcours est définit par la HAS comme étant : «  le juste enchainement et au bon moment des différentes compétences professionnelles liées directement ou indirectement aux soins : consultations, actes techniques ou biologiques, traitements médicamenteux et non médicamenteux, prise en charge des épisodes aigus, autres prises en charge (médico-sociales et sociales) ». Un unique objectif a été donné au parcours de soin : une population doit recevoir les bons soins, des bons professionnels, par les bonnes structures, au bon moment et le tout au meilleur coût.

 

En Février 2013, la HAS avait rendu 22 avis favorables sur des protocoles, dont un exemple : une expérimentation a été faite par l’association ASALEE (action de santé libérale en équipe) avec un objectif ; le suivi par une IDE des patients atteints de maladies chroniques. Ont été mis à disposition : des cabinets de médecins libéraux, ou des maison de santé, une infirmières de santé publique, dont les missions sont les suivantes : suivi des dossiers informatisés, consultations d’éducation thérapeutiques pour le diabète ou l’hypertension artérielle. Trois ans après le début de l’expérimentation, le nombre de cabinet participant a été multiplié par six et le nombre de médecin par quatre.

 

Dans les pays anglo-saxons et scandinaves, en réponse aux pénuries de médecin, pour réduire les couts tout en gardant une qualité de service et en en améliorant l’accès au soin, les structures pluridisciplinaires et les champs des infirmières ont été élargis. Ils ont pu remarquer :

  • Une optimisation du temps de travail,
  • Une amélioration de leur productivité, leur condition d’exercice et la permanence des soins.
  • Une continuité dans la prise en charge des patients

La substitution de certaines activités du médecin par les infirmiers dégage du temps aux médecins ainsi qu’une réduction du temps d’attente des patients. De plus, la diminution de la charge de travail des médecins offre des meilleures conditions d’exercice.

 

Une application en France semble compromise, les médecins refusant de se voir déposséder des consultations simples pour n’avoir que des consultations complexes dont le tarif n’aura pas été revalorisé.

 

Les perspectives d’avenir des protocoles de coopérations sont d’élaborer des protocoles d’envergure nationale, d’intégrer la dimension des parcours de soins, et de s’appuyer sur la télémédecine pour la surveillance des maladies chroniques.

 

 

Sources :