L’étude REPHVIM : vers plus de communication entre la ville et l’hôpital

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Le transfert des patients entre les différents secteurs de soins (hôpitaux, maisons de repos, etc.) et leur domicile sont des périodes à haut risque pour la continuité thérapeutique. Il apparaît d’ailleurs que 27 à 54 % des patients admis à l’hôpital font l’objet d’au moins une erreur dans leur historique médicamenteux. Ces erreurs surviennent régulièrement par manque d’information sur le traitement habituel du patient, qui ne le connaît pas toujours et dispose rarement de ses ordonnances lors de son entrée à l’hôpital. Cette absence de continuité peut conduire, comme on l’imagine, à de graves problèmes médicamenteux, durant l’hospitalisation, mais également au retour du patient à son domicile.

 

La conciliation médicamenteuse exercée à l’entrée ou à la sortie d’hospitalisation du patient, généralement par un pharmacien hospitalier, permet d’éviter ce genre de dysfonctionnement.

 

Le principe est simple : à l’entrée, elle consiste à mener auprès du patient une véritable investigation afin de connaître le plus précisément possible son traitement complet (les médicaments sous prescription, tout comme l’automédication). La tache est délicate, car elle est menée auprès de patients fréquemment désorientés et, bien souvent, très peu au fait de leur traitement personnel. Le pharmacien d’officine habituel du malade hospitalisé est alors d’un précieux recours car il dispose de l’historique complet de son patient, y compris des produits non prescrits : la communication ville – hôpital est donc essentielle.

 

A la sortie du patient, si des modifications du traitement initial ont eu lieu à l’hôpital, le pharmacien hospitalier, lors de la conciliation, les explicite clairement au patient et les notifie ensuite à son pharmacien d’officine pour garantir son suivi médicamenteux.

 

La conciliation médicamenteuse est donc un moyen d’assurer la continuité thérapeutique du patient et permet de créer un réseau ville – hôpital entre les pharmaciens indispensable au suivi. Cependant, la conciliation n’est pas réalisée en routine dans tous les hôpitaux. Actuellement, seuls quelques centres Français la réalisent à l’entrée, comme le CHU de Tours, de Grenoble ou le CH de Blois mais la conciliation à la sortie, elle, est quasiment inexistante…

 

L’initiative du CHU de Tours est donc de promouvoir une étude qui mesurerait l’impact de la conciliation et des transmissions pharmaceutiques ville – hôpital sur la prise en charge médicamenteuse des patients sortant d’hospitalisation, en termes de prévalence de problèmes médicamenteux et/ou d’effets iatrogènes.

 

Cette étude de soins courants multicentrique qui a commencé au CHU de Tours en Janvier 2014, se déroule dans 21 hôpitaux Français, et plus particulièrement dans des unités de soin n’ayant jamais expérimenté la conciliation médicamenteuse.

 

Il s’agit d’une étude randomisée en cluster en cross-over, le cluster étant défini par l’unité de soin qui débutera en fonction de la randomisation soit par une période contrôle soit par une période interventionnelle.

 

Le bras contrôle de l’étude correspond à la pratique habituelle du centre sans conciliation, alors que le bras interventionnel est caractérisé par la réalisation de la conciliation à l’entrée et à la sortie ainsi que par la communication avec le pharmacien d’officine habituel du patient des données et de l’ordonnance de sortie de celui-ci.

 

Le déroulement pratique de l’étude consiste à appeler d’une part le patient et d’autre part le pharmacien d’officine successivement 7 jours et 35 jours après la sortie du patient et de leur administrer un questionnaire précis afin de savoir si aucun dysfonctionnement n’a été observé dans la « chaîne » du médicament depuis la sortie de l’hôpital (erreur de retranscription entre le traitement à l’entrée et celui de la sortie, erreur de prise du patient, survenue d’effet indésirable, …)

 

Les résultats de l’étude, attendus pour XXXXXX ?, s’ils s’avèrent positifs, permettraient de systématiser la conciliation médicamenteuse à toutes les unités de soins de tous les hôpitaux Français afin d’améliorer l’efficience de notre système de soin dans la continuité thérapeutique des patients hospitalisés.

 

 

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