Evaluation de la fréquence et du type d’erreurs de dispensation des médicaments à l’hôpital

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Dans le cadre hospitalier un des principaux objectifs est d’atteindre les meilleurs niveaux de qualité de l’assistance et la sécurité du patient.
Réduire l’incidence d’erreurs médicales c’est une préoccupation actuelle qui affecte la plupart de l’Europe et le reste du monde pour deux raisons primordiales : éviter des effets indésirables et nuisibles pour la santé le patient et, en ce qui concerne l’organisation de l’établissement sanitaire, la diminution des coûts.

Une étude a été réalisé dans un hôpital de Paris ayant comme objectif l’évaluation la fréquence des erreurs de dispensation au cours de la DJIN, Dispensation Journalière Individuelle Nominative, réalisée manuellement par une équipe de préparateurs, d’en analyser leur nature et de proposer des mesures d’amélioration des pratiques.

Matériel et méthodes

Etude prospective et observationnelle des erreurs de dispensation dans quatre services d’un hôpital universitaire, en dispensation journalière individuelle nominative (aval des urgences, gériatrie aiguë, médecine interne, maladies infectieuses), soit 135 lits. Après la préparation des chariots de dispensation par un préparateur dans l’antenne de pharmacie, un contrôle systématique (une semaine/service ; 5 jours/7), a été réalisé par un étudiant en pharmacie afin de relever les éventuelles erreurs de dispensation. Les erreurs sont classées selon neuf catégories : erreur de dosage, erreur de forme galénique, médicament dispensé périmé ou absence de date de péremption, identification illisible (nom, dosage), erreur de rythme, erreur de quantité, omission totale, médicament non prescrit mais dispensé, erreur de patient.

Résultats

L’analyse des erreurs a porté sur la préparation des traitements de 489 patients. Soixante-quatre erreurs ont été relevées sur les 7777 doses préparées et contrôlées lors de l’étude, soit 0.8 % d’erreur par dose dispensée, ou une erreur toutes les 7 prescriptions. Les erreurs les plus fréquemment rencontrées étaient : les erreurs de rythme, avec une confusion soir/coucher (56 %), de quantité (20 %), d’identification partiellement illisible du médicament dans le cas de blisters découpés (9,4 %) et la dispensation de médicaments non prescrits (7.8 %).
Le pourcentage d’erreurs observées au cours de l’étude, soit 0,8%, est dans la moyenne basse rapportée [0,02 % et 2.9 %] dans la littérature. Egalement des mesures d’amélioration du système ont été instaurées, entre elles, un contrôle régulier aléatoire dans le but de servir de sentinelle et détecter toute dérive. D’ailleurs les résultats de cette étude ont été présentés à l’équipe pharmaceutique afin de la sensibiliser et de réduire au maximum cette fréquence.
La réduction du risque iatrogénique du médicament a été une des principales motivations de la mise en place du système DJIN, dispensation journalier individuel nominative. Il est donc nécessaire continuer à œuvrer pour l’optimisation des systèmes d’utilisation des médicaments afin de sécuriser le circuit du médicament.


Références:

1. Ka-Chun Cheung, Marcel L. Bouvy, Peter A.G.M. De Smet. Medication errors: the importance of safe dispensing. Br J Clin Pharmacol 2009; 67(6): 675-680.
2. Schneider PJ. Measuring medication safety in hospitals. Am J Healthy Syst Pharm. 2002; 59: 2313-4.
3. Bohand X, Simon L, Perrier E, Mullot H, Lefeuvre L, Plotton C. Frequency, types, and potential clinical significance of medication-dispensing errors. Clinics. 2009; 64: 11-6.
4. Beso A, Franklin BD, Barber N. The frequency and potential causes of dispensing error in a hospital pharmacy. Pharm World Sci. 2005; 27: 182-90.