Cancer du poumon : Un diagnostic aussi simple qu’une prise de sang ?

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Le cancer du poumon est le cancer le plus meurtrier dans le monde. Les diagnostics actuels, en plus d’être tardifs, sont invasifs, couteux et chronophages. Ainsi, une équipe médicale française a mis au point, via l’examen banal de la prise de sang, un nouveau moyen de dépistage précoce.

Le cancer du poumon : un tueur silencieux

À l’heure actuelle, le cancer du poumon représente la 1ère cause de mortalité par cancer dans le monde. En effet, bien qu’il ne soit que le 4ème cancer le plus fréquent en France avec 39 495 nouveaux cas en 2012 (derrière les cancers de la prostate, du sein et du côlon-rectum), il est néanmoins le plus meurtrier (29 949 décès en 2012) du fait de sa détéction à un stade très avancé. En effet, plus d’un cas sur deux est diagnostiqué alors qu’il existe déjà des métastases. Ce type de cancer survient majoritairement entre 55 et 64 ans.

Bien que la grosse majorité des cancers du poumon soit masculine (3/4 des cas), son incidence et sa mortalité tendent à décroitre chez l’homme et à augmenter chez la femme du fait de l’évolution des pratiques (diminution du tabagisme masculin et augmentation du féminin).

Parmi l’ensemble des facteurs de riques, certains sont très bien identifiés contrairement à d’autres encore au stade d’étude. Ainsi, bien que le tabagisme soit le principal facteur de risque, les causes professionnelles – telles que l’exposition à des composés chimiques et/ou physiques – sont des facteurs non négligeables. En revanche, aucune prédisposition génétique n’a pour l’instant été identifiée.

Diagnostics actuels : tardifs, invasifs, coûteux et chronophages

Actuellement plusieurs examens sont nécessaires afin de réaliser puis confirmer le diagnostic et d’évaluer l’avancée de la maladie. Tout d’abord, un examen clinique est réalisé. En cas de suspicion de cancer, des examens radiologiques sont ensuite demandés. Cependant, afin de permettre le meilleur diagnostic possible, l’obtentiton d’une preuve histologique ou cytologique est indispensable.

Pour confirmer le diagnostic, différentes analyses sont possibles en fonction de la localisation de la tumeur :

  • Afin de déterminer la nature exacte du cancer, une fibroscopie bronchique ou une ponction thoracique peut être réalisée sous scanner. Des prelévements de cellules sur un ganglion ou sur une métastase ainsi que la réalisation d’une biopsie du poumon peuvent également être effectués (dans certains le recours à la chirurgie est indispensable).
  • Afin d’évaluer l’évolution de la maladie, une imagerie peut être faite.

En fait, les diagnostics actuels, en plus d’être tardifs voire trop tardifs, sont invasifs, lourds en temps et en moyens. Mais, le vendredi 31 octobre 2014, le site de publication scientifique américain PLOS One présentait le nouveau type de diagnostic mis au point par Pr Paul Hofman et son équipe. Ce type de processus permet un diagnostic précoce, peu invasif et très rapide par simple prise de sang.

Diagnostic par prise de sang : précoce, peu invasif et rapide

Durant l’étude et comme l’indique le Pr Hofman, l’équipe de chercheurs a suivi 245 sujets sans cancer, dont 168 à risque car fortement fumeurs. Parmi ces patients, cinq présentaient des cellules cancéreuses circulantes quand rien n’était détectable par radiographie. Quatre ans plus tard, ces cinq mêmes patients ont déclenché un cancer (100 % de sensibilité au test) et ont pu être opéré immédiatement sans récidive à un an. En revanche, aucun cancer n’est apparu chez les individus dont le test sanguin était normal.

Patrizia Paterlini-Bréchot, professeur de biologie moléculaire et cellulaire à l’université Paris-Descartes explique que ce type de test permet une détection très précoce du cancer – des mois voire des années avant le déclenchement – grâce à l’identification, parmi les cellules rares extraites du sang, de cellules tumorales circulantes jouant le rôle de sentinelles de la maladie.

Néanmoins, même si ce test est intéressant et permet l’obtention des résultats en 3 ou 4 heures, aucune application concrète n’est prévu avant 2018 ou 2020 comme témoigne Bertrand Dautzenberg, professeur de pneumologie à la Pitié-Salpêtrière.

Ainsi, même si l’objectif à long terme est l’éradication de la maladie et que cela représente une « percée extraordinaire dans le domaine des cancers pulmonaires invasifs » ce genre de test, dont le prix est encore inconnu, n’est pour l’instant destiné qu’aux personnes à haut risque. En effet, ce type de test est angoissant pour le patient car il prédit l’arrivée d’un cancer à plus ou moins longue échéance sans qu’il soit toujours possible d’agir en prévention.

Sources

www.lemonde.fr

www.huffingtonpost.fr

http://lesdonnees.e-cancer.fr

http://curie.fr