Médecine personnalisée, technologies et données en France.

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La médecine personnalisée consiste à traiter chaque patient de façon individualisée en fonction des spécificités génétiques et biologiques de sa tumeur mais également en tenant compte de l’environnement du patient et de son mode de vie. Souvent appelée « médecine de précision » et associée au domaine de l’oncologie avec les thérapies ciblées, la médecine personnalisée s’adresse aussi à la virologie (traitements en fonction du séquençage du virus HIV), à la bactériologie, le diabète ou les maladies rares qui sont à 90% d’origine génétique.

 

La médecine de précision n’est pas un changement de paradigme, c’est une évolution de la médecine qui demande une approche interdisciplinaire et qui reste liée de très près à la recherche.

En France, l’INCa joue un rôle moteur dans le développement des thérapies ciblées. Dès 2006, l’INCa avait contribué à créer 28 plateformes de génétique moléculaire et d’accès aux tests moléculaires. Action reprise par le « plan cancer » de 2009-2013. Ces plateformes uniques en Europe permettent de séquencer les tumeurs et d’identifier gratuitement les patients porteurs d’une anomalie génétique. Cette médecine personnalisée, c’est aussi un dossier clinique personnalisé, des données biochimiques, de l’imagerie, de la génomique fonctionnelle et de la protéomique.

La médecine personnalisée est une source d’innovation en constante évolution. Un exemple concret est le génotypage qui valait des centaines de millions de dollars il y a une dizaine d’années et qui aujourd’hui est accessible en quelques jours pour quelques milliers de dollars. En deux décennies, le débit de séquençage a été multiplié par 300000.

Cette médecine génère donc de très nombreuses données ou « big data » qu’il faut pouvoir stocker, analyser et exploiter. Il faut traiter les données médicales, biologiques (génomiques, protéomiques, transcriptomes…) et les images afin d’identifier les corrélations existantes. L’industrie pharmaceutique n’a pas les moyens de faire parler ces « big data », c’est pourquoi l’industrie de la data doit s’y intéresser, afin d’exploiter ces données qui n’apportent une valeur ajoutée que si elles sont associées entre elles. En termes de chiffres, un génome équivaut à environ 1gigaoctet. Si l’on considère 200 000 cancers par an, cela représente 2.106 génomes par an, soit 2 pétaoctets (1015) par an de stockage (en comparaison, Facebook représente 500 teraoctets de données par jour). Le traitement de ces génomes nécessitera des supercalculateurs appelés calculateurs exaflopiques. Ces supercalculateurs capables de faire un million de milliards d’opérations par seconde, seront disponibles pour 2015-2020.

Enfin, la création de ces nouvelles données nécessitent la création de métiers qui interagissent et communiquent autour du médecin, tels que des mathématiciens, des biologistes, des bio- informaticiens, des juristes pour la protection des données, des ingénieurs…

Ainsi, la médecine personnalisée entraine de grandes innovations. En 2013, la Commission Innovation 2030 crée à l’initiative d’Arnaud Montebourg a crée une catégorie « Médecine Individualisée : Projets favorisant le ciblage des interventions thérapeutiques s’appuyant par exemple sur la génomique, les dispositifs médicaux et/ou l’imagerie à haute résolution. » pour promouvoir l’innovation dans ce domaine, qui pourra constituer l’un des piliers de développement futur de la France.

 

 


 

Sources :

http://www.entreprises.gouv.fr/innovation-2030

http://www.industrie-techno.com/supercalculateurs-en-route-vers-l-exaflop.10432

Colloque « Médecine personnalisée » :

http://colloque-cancer-medecine-personnalisee.sante-idf.fr

http://www.pharmaceutiques.com/archive/une/art_1343