L’innovation médicale en déclin en France, entre incompréhensions et inquiétudes.

© Shutterstock
© Shutterstock

Sanofi le leadeur français de l’industrie pharmaceutique, ne figure plus dans le palmarès mondial de l’innovation médicale. En une année seulement, il passe de la 8ème à la 20ème place selon un classement établi par Idea Pharma, un cabinet américain de conseil en stratégie spécialisé dans les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique. Un constat d’autant plus alarmant que Sanofi est la seule entreprise française présente dans ce classement. Etablissant ainsi un état des lieux dramatique de l’innovation en France.

 
Idea pharma justifie le classement de Sanofi suite aux résultats enregistrés par la société ces dernières années. En effet le faible nombre de lancements effectués, accompagné d’une baisse significative des ventes ne sont pas en faveur de l’image d’une entreprise supposée être innovante, surtout face à un marché de plus en plus concurrentiel. Le Leem, syndicat qui regroupe les entreprises du secteur de l’industrie pharmaceutique en France a déjà mis en garde contre les nombreuses difficultés que rencontre l’innovation dans le pays. Avec un déficit public supérieur à 3% du PIB et un pouvoir d’achat de plus en plus faible, cette réalité contraint les pouvoirs publics à baisser le prix des médicaments, malgré que ces derniers ne représentent qu’une faible part des dépenses de santé. Selon le Leem, La France reste l’un des pays européen ou l’accès au marché est des plus contraignants. Les entreprises dénoncent aussi les conditions fiscales des plus drastiques d’Europe, malgré la mise à disposition du crédit impôt compétitivité emploi (CICE), dont le taux est passé de 4 % à 6 % 2014, il reste néanmoins insuffisant pour absorber les lourdes charges fiscales. Ces dispositions limitent ainsi l’investissement dans la R&D, contrairement à ce qui se fait outre-Atlantique.

 
Cependant les arguments avancés par le Leem sont assez critiqués par l’opinion publique. En effet, il reste inconcevable pour de nombreuses personnes qu’un groupe comme Sanofi qui enregistre un bénéfice net de 4,39 milliards d’euros en 2014, continue à mettre en place des plans sociaux touchant principalement le secteur de la R&D. C’est d’autant plus paradoxal que le leadeur français du médicament proposera pour 2014, un dividende de 2,85 euros par action, soit un taux de distribution du bénéfice net par action de 54,8%. Le groupe se justifie par le fait que la réalité du marché financier lui impose de rendre le cours de l’action en bourse de plus en plus attractif, présentant ainsi la politique menée par la direction comme une question de survie pour l’une des entreprises les plus importantes du CAC 40. Mais le groupe pharmaceutique français n’a pas fini de scandaliser le monde politique et syndical avec l’annonce de l’octroi d’un bonus d’arrivée de 4 M€ à Olivier Brandicourt, nouveau DG du groupe.

 
Favoriser la rémunération des actionnaires au détriment de la recherche, fait encore débat et polémique en France. Malgré que la direction de Sanofi se veut rassurante sur ses capacités à innover, en déclarant récemment que la société s’apprête à effectuer 8 lancements au cours des quatre prochaines années dans le diabète, l’hypercholestérolémie et des maladies rares.


 

Sources:

http://www.leem.org/lindustrie-du-medicament-est-une-chance-ne-gachons-pas

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/chimie-pharmacie/20150309trib1bb187db1/les-labos-pharmaceutiques-francais-sont-ils-en-train-de-perdre-la-course-a-l-innovation.html

http://www.ladepeche.fr/article/2015/02/24/2055071-patron-de-sanofi-ce-bonus-qui-ne-passe-pas.html