La nutrition médicale, une division clé pour Danone

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Le groupe alimentaire Français, Danone, a mis fin aux rumeurs de cession de sa division nutrition médicale, la plus petite du groupe agroalimentaire.

 

En 2007, le numéro Un des produits laitiers avait fait parler de lui en rachetant pour 13 milliards d’euros le Néerlandais Numico, spécialisé dans la nourriture médicalisée mais surtout infantile (70 % de l’activité) et caractérisé par une croissance quatre fois supérieure à celle de l’agroalimentaire classique avec de fortes marges et des perspectives intéressantes dans les pays émergents. Cette grosse acquisition s’inscrivait dans la volonté de Danone de se recentrer sur le secteur de la santé avec une ambition claire : améliorer la santé par l’alimentation. Une telle résolution s’est d’ailleurs illustrée par l’abandon de certains de ces produits, notamment de la moutarde « Maille », des bonbons « La Pie qui Chante », des soupes « Liebig », ou encore de la bière « Kronenbourg ».

 

Héritée de ce rachat, la division Nutrition Médicale s’affiche leader en Europe, mais son business model est très différent des autres activités du groupe. En effet, cette division s’adressant à des personnes sous traitement médical, hospitalisées ou en convalescence, a la particularité d’utiliser des canaux de distribution bien différents de ceux destinés à ses produits de grande consommation (produits laitiers frais, eaux…) puisqu’elle est destinée aux hôpitaux et aux pharmacies.

 

La Nutrition Médicale, considérée comme un marché de niche, avait fait l’objet, début 2014, de rumeurs concernant sa cession au profit du renforcement de l’activité de Danone dans les aliments pour bébés, les produits laitiers frais et l’eau, en mal d’investissements dans un contexte de ralentissement économique. Le suisse Nestlé, l’allemand Fresenius et l’américain Hospira avaient alors clairement manifesté leur intérêt pour cette vente qui pouvait atteindre plus de trois milliards d’euros, et avaient même déposé des offres fermes.

 

Apres l’étude des offres, Danone a finalement décidé de garder la division, estimant, selon Emmanuel Faber, directeur général du groupe, que la nutrition médicale faisait partie intégrante de Danone : « Chacun de nos métiers, les Produits laitiers frais, les Eaux, la Nutrition Médicale et la Nutrition Infantile a […] un rôle dans la stratégie de croissance rentable et durable que s’est fixée le groupe ». En effet, la division, bien qu’étant la plus petite du groupe, représente 6% des ventes de Danone et constitue une activité très rentable dont la croissance a atteint 7,6% sur les neufs premiers mois de l’année 2014. Le troisième trimestre signe sa plus forte croissance des quatre dernières années, avec une progression de son chiffre d’affaires de +10,1%.

 

En mettant un terme à ces rumeurs de cession, Danone souhaite renforcer son positionnement santé : «Il n’y a pas d’ambition plus motivante que notre mission: apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre » explique Emmanuel Faber. Un siècle après le lancement en pharmacie du premier yaourt Danone, le groupe s’efforce ainsi de garder la santé comme un pilier de développement.

 

A l’instar de Danone, de nombreux grands groupes agroalimentaires ont choisi de recentrer leur stratégie sur la santé, c’est le cas de Nestlé par exemple (prétendant au rachat de la nutrition médicale de Danone par ailleurs) qui s’illustre notamment dans la nutrition des bébés mais aussi des malades, et dont l’ambition est de proposer dans le futur une alternative aux traitements pharmaceutiques des cardiopathies, de l’obésité, des troubles cognitifs ou encore du diabète.

 

Au vu de ce constat, nous pouvons donc nous demander : Qui sont les concurrents de demain pour l’industrie pharmaceutique ?

 

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