La médecine régénératrice: un nouvel espoir?

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« C’est incroyable de voir comment la régénération de la moelle épinière, quelque chose que l’on croyait impossible il y’a de nombreuses années, est en train de devenir une réalité ». Cette citation du Dr. Tabakow montre aujourd’hui comment les cellules souches pourraient devenir les traitements de demain. En 2010, Darek Fidyka devient paraplégique suite à une agression au couteau. Deux ans plus tard, une transplantation de cellules olfactives engainantes est effectuée au niveau de la zone lésée de la moelle épinière. Après deux années de rééducation, M. Fidyka devient le premier Homme a remarché suite à une intervention de ce type. 
Ce cas montre aujourd’hui l’avancée faite en médecine régénérative et les perspectives sur les prochaines années.

 

Mais qu’est ce que la médecine régénérative ? 


Le mythe de Prométhée est le symbole de cette nouvelle médecine. Zeus infligea à Prométhée un supplice pour avoir volé le « savoir divin » de l’Olympe. Il fut attaché à un rocher où chaque jour un aigle vint dévorer son foie tandis que chaque nuit son foie se régénère. Ainsi ce supplice continua jusqu’à sa délivrance. Ce mythe laisse supposer qu’il était, à l’époque, possible d’imaginer le foie comme un organe se régénérant.

Cette nouvelle médecine se caractérise donc par une approche particulière et sensiblement différente de la médecine actuelle: comment réparer le corps humain grâce au corps humain? Plus précisément, cela consiste à créer des tissus fonctionnels afin de remplacer un tissu lésé ou défaillant. 
Cette approche est bien connue des scientifiques. Le ver planaire peut être coupé en 279 morceaux et donner pour chacun de ces morceaux un nouveau ver. De la même façon il est bien connu que l’Axolotl, généralement trouvé sous forme néoténique, est capable de régénérer des parties endommagées de son corps.

 

Mais qu’en est-il de l’Homme?

Durant l’évolution, l’Homme a conservé ces propriétés de régénération à un but de réparation tissulaire mais également utilisées pour le renouvellement tissulaire. Par exemple, la peau se renouvelle en environ 5 semaines, le tissu intestinal en 4 jours, les globules rouges en 3 mois.

La régénération tissulaire est rendue possible grâce aux cellules souches. Ces cellules, présentes chez tous les individus sains, sont des cellules indifférenciées avec deux propriétés :

  • Auto renouvellement : Lors de la division cellulaire, une des deux cellules filles conservera les propriétés de la cellule souche mère indifférenciée.
  • Production d’une cellule différenciée : La seconde cellule perdra les propriétés de la cellule mère afin de s’engager dans la voie de différenciation cellulaire et assurer la fonction d’un tissu.

 

Quelles sont les perspectives ?

Le cas de Darek Fidyka montre bien les enjeux de demain. En effet, les patients atteints de pathologies difficilement voir non curables peuvent voir s’ouvrir une palette de nouvelles thérapies et surtout un nouvel espoir de guérison.

Que cela soit une allogreffe, à partir d’un donneur, ou d’une autogreffe, à partir de ses propres cellules, il est facile d’imaginer l’application de la médecine régénérative. Une personne atteinte de leucémie myéloïde peut se voir, après une chimiothérapie et une immunosuppression, attribuer une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques remplaçant ainsi ces cellules par celles du donneur. Une personne atteinte de dégénérescence du cartilage du genou va pouvoir être greffé directement au niveau de la zone détruite.

En 2012, le prix Nobel de médecine a été attribué aux Dr. Yamanaka et Gurdon pour leurs recherches sur la reprogrammation nucléaire et sur la reprogrammation des cellules différenciées en cellules souches dites iPS : Induced pluripotent cells. Au cours de ses recherches, le Dr. Yamanaka a montré qu’une cellule de peau pouvait, après avoir été traitée par un cocktail spécifique de facteurs, revenir au stade de cellule souche pluripotente. Cette possibilité ouvre un champ très large de perspectives notamment pour les grands brûlés, qui après prélèvement des cellules cutanées non affectées, reprogrammation et culture, vont pouvoir avoir être greffés de leur propre peau construite in vitro, limitant ainsi les rejets dus aux réactions immunitaires. Dans ce cas précis, se pose le problème de la structure de la peau une fois cultivé : la structure étant basée sur 3 couches, il est difficile d’observer ces 3 couches après la greffe.

 

 

Takahashi, K., Yamanaka, S. (2006). Induction of pluripotent stem cells from mouse embryonic and adult fibroblast cultures by defined factors. Cell 126:663-676.

 

http://www.inserm.fr/thematiques/immunologie-hematologie-pneumologie/dossiers-d-information/cellules-souches-et-therapie-cellulaire

 

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/04/28/les-incroyables-promesses-de-la-medecine-regeneratrice/