A la recherche des antibiotiques du futur

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Une réel danger menace la population mondiale : les bactéries résistent à nos médicaments. La prise de conscience de cette réalité fait de ce combat, un des challenges majeurs de la décennie.

Une recherche difficile

Développer un médicament est un processus long, cher et risqué. Pour se lancer dans l’aventure, il faut au préalable être convaincu qu’un retour sur investissement est possible. Les bénéfices générés par les antibiotiques sont particulièrement difficiles à obtenir pour les raisons suivantes :

  • essais cliniques complexes
  • traitement court et ponctuel ce qui ampute la rentabilité du produit
  • résistance des médecins au changement de leurs habitudes de prescription
  • prix bas
  • difficulté d’estimer les dépenses évitées

Un retour à la recherche ?

La résistance bactérienne est une réaction naturelle de protection des bactéries au contact des antibiotiques. Elle est favorisée par la répétition et la durée de contact. Par conséquent, l’absence de l’arrivée de nouvelles molécules sur le marché encourage ce phénomène. Le résultat de cette résistance est le développement d’épidémies à grande échelle et la recrudescence de certaines maladies telles que la tuberculose. La recherche de nouvelles classes thérapeutiques est d’autant plus nécessaire que dans le traitement de la tuberculose est caractérisée par l’association de plusieurs molécules afin de se prémunir contre les différentes résistances.

Les actions mises en place de part et d’autre de l’Atlantique

A l’Ouest

La FDA (Food & Drug Administration) a mis en place le programme GAIN (Generating Antibiotic Incentives Now) qui met en place des incitations pour le développement d’antibiotiques et d’antifongiques. Les produits caractérisés QIDP (qualified infectious disease product) peuvent bénéficier de procédures accélérées d’homologation et d’une exclusivité commerciale de 5 ans (indépendamment du brevet).

A l’Est

Un programme européen nommé COMBACTE (Combatting Bacterial Resistance in Europe) a été lancé en 2013 et durera 7 ans. Il bénéfie d’un budget de 195 millions d’euros, un niveau de financement exceptionnel pour un partenariat public/privé. Les compétences mises en commun dans ce programme proviennent des industriels représentés par l’EFPIA (European Formation of Pharmaceutical Industries and Association) et de deux acteurs académiques Eu-ACT et INCRAID. Il a pour objectif de favoriser des essais innovants afin de découvrir de nouveaux antibiotiques et de concevoir de nouveaux tests diagnostic.

PAR : KELLY CORNEC


 

Sources